StĂ©phane Golmann, nĂ© le 18 septembre 1921 Ă Montrouge, a laissĂ© une empreinte indĂ©lĂ©bile dans le paysage musical français. Auteur-compositeur-interprète de talent, il s’est Ă©galement distinguĂ© en tant que traducteur et journaliste, multipliant ainsi les casquettes tout au long de sa carrière. Sa vie, marquĂ©e par des Ă©vĂ©nements tragiques et des choix audacieux, nous plonge dans l’univers vibrant de la chanson française d’après-guerre.
Issu d’un père russe et d’une mère liĂ©geoise, Golmann connaĂ®t une jeunesse tumultueuse en Tunisie avant de revenir en France suite Ă la perte de ses parents. Après des Ă©tudes Ă la Sorbonne, son destin prend un tournant lorsqu’il est contraint de quitter la France sous l’occupation. Il rejoint alors la Royal Navy en Angleterre, participant, entre autres, au dĂ©barquement en Afrique du Nord en 1943. Son parcours, bien que marquĂ© par l’adversitĂ©, façonne son personnage artistique.
Démobilisé en 1945, Stéphane Golmann s’intègre dans le monde parisien, notamment au cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés. En tant que guitariste, il se distingue rapidement et entre en 1946 au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse. Là , il commence à écrire et composer ses propres chansons. Son style singulier, alliant des mélodies touchantes à des paroles percutantes, attire l’attention d’autres grands noms de la chanson, notamment Léo Ferré et Jacques Brel.
Les débuts et les collaborations
Les dĂ©buts de Golmann dans le monde de la chanson le voient jouer dans des cabarets parisiens tels que le Quod Libet, oĂą il se produit aux cĂ´tĂ©s de figures montantes comme Catherine Sauvage. Son rĂ©pertoire prend forme autour de chansons engagĂ©es, oĂą il explore des thèmes variĂ©s comme l’amour, l’amitiĂ© et la vie quotidienne. En 1950, il interprète des Ĺ“uvres dans des lieux prisĂ©s comme la Rose Rouge et l’Écluse, solidifiant sa place parmi les auteurs-compositeurs influents de son Ă©poque.
Au cœur de ces collaborations se trouve une multitude de créations mémorables. En 1951, Golmann écrit plusieurs titres, dont Actualités, qui sera repris par Yves Montand et plus tard par Les Frères Jacques, devenant un véritable succès. De plus, son titre La Marie-Joseph, abordant avec humour les péripéties des plaisanciers, passe également par les voix des Frères Jacques et devient un hymne dans les écoles de voile des années 1960.
Les annĂ©es 1954 Ă 1957 sont prolifiques pour Golmann, avec la publication de plusieurs 45 tours sous le label Erato. Sa rencontre avec Juliette GrĂ©co, qui reprend sa chanson C’est Ă s’aimer, Ă©tablit une belle connexion entre leurs univers musicaux. Grâce Ă ces collaborations, il parvient Ă Ă©largir son public, touchant tant les mĂ©lomanes que ceux qui dĂ©couvrent la chanson française Ă travers des interprètes connus.
Un héritage intemporel
En février 1957, Golmann se produit au Palais des beaux-arts de Bruxelles, consolidant son rôle de pionnier sur la scène musicale. Là , il présente des titres emblématiques tels que Le Malentendu et Les Visons, tout en offrant aux spectateurs un aperçu de ses créations inédites. Cela marque un tournant dans sa carrière, car malgré ses succès antérieurs, il choisit ensuite de s’éloigner un temps de la scène musicale parisienne.
Après cette période de succès, il s’installe à Londres, où il devient expert en aide technique pour des missions en Afrique et reste moins présent sur la scène musicale française. Son parcours le mène également à divers postes prestigieux, dont celui au secrétariat des Nations Unies, témoignant de son engagement au-delà de la musique. Malgré cela, sa musique continue de résonner et d’inspirer de nombreux artistes contemporains.
StĂ©phane Golmann se marie en 1967 avec Marcelle Gagnon et finit par s’installer Ă QuĂ©bec. Bien que sa prĂ©sence sur scène devienne sporadique, son hĂ©ritage musical perdure Ă travers ses compositions et l’influence qu’il a eue sur d’autres artistes. En 1986, il revient Ă Paris avec le dĂ©sir de voir ses Ĺ“uvres rĂ©Ă©ditĂ©es, mais il ne verra finalement pas son souhait se concrĂ©tiser avant sa mort en 1987.
RĂ©alisations et reconnaissance
Le parcours de Stéphane Golmann est marqué par des compositions riches, avec des titres notables tels que Ma guitare et moi, Les comédiens et Jean de Honfleur. Sa capacité à écrire des chansons qui touchent à des thèmes profonds et universels lui a permis de se forger une identité unique sur la scène musicale. Ses œuvres se distinguent par leur poésie et leur engagement, éléments qui sont au cœur de la tradition des troubadours francophones.
MalgrĂ© une carrière parfois inconstante, les chansons de Golmann continuent d’ĂŞtre revisitĂ©es par de nouveaux artistes, tĂ©moignant de leur caractère intemporel. En tant que pionnier des auteurs-compositeurs Ă guitare, il a ouvert la voie Ă de nombreuses gĂ©nĂ©rations d’artistes, marquant de son empreinte la chanson française. Des artistes tels que Georges Brassens et François BĂ©ranger lui doivent beaucoup en termes d’inspiration.
Sa contribution Ă la musique française est Ă©galement reconnue Ă travers divers hommages et compilations. La firme Barclay a repris ses enregistrements pour une rĂ©Ă©dition, permettant Ă une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dĂ©couvrir ses Ĺ“uvres. Ses titres, porteurs de sentiments et d’Ă©motions, continuent de vivre dans le cĹ“ur des amateurs de chanson française. Pour en savoir plus sur ses rĂ©alisations, vous pouvez consulter son profil sur WikipĂ©dia ou explorer ses Ĺ“uvres musicales sur des plateformes spĂ©cialisĂ©es.